Pascal Melget, thérapeute à Paris 15 spécialisé en thérapie de couple
Pascal Melget
ThĂ©rapie de couple & adultes – Paris 15
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Pourquoi on est devenus colocataires alors qu'on s'aime encore ? | Thérapie de couple Paris

â„č  En bref

Vous vivez sous le même toit mais vous avez l’impression de partager un appartement plutôt qu’une vie. Vous gérez les courses, le calendrier des enfants, les factures — et quelque part en chemin, vous avez cessé de vraiment vous voir. Ce phénomène, que les thérapeutes appellent la « dérive relationnelle », touche des millions de couples qui s’aiment encore — mais ne savent plus comment se le montrer. La bonne nouvelle : il existe des chemins pour retrouver la complicité.

 

Introduction : quand l’amour ne suffit plus à se sentir proches

« Clara et Julien se souviennent encore du moment où tout a basculé. Pas une dispute violente, pas une trahison. Juste... un dimanche soir où Clara a réalisé qu’elle ne savait plus ce qui faisait rire son mari. Ils étaient là, face à face devant une pizza refroidie, et le silence entre eux n’était plus tendre. Il était vide. »

Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul(e). Et surtout : vous n’êtes pas en train de vivre la fin d’une histoire d’amour. Vous vivez peut-être l’un des passages les plus fréquents — et les moins dit — de la vie à deux.

Ce que les couples viennent me confier en séance ressemble souvent à ceci : « On s’entend bien, on ne se dispute pas, mais je me sens seul(e). » Ils ont remplacé la complicité par la logistique. Les regards complices par les rappels d’agenda. Et ils n’osent pas en parler, de peur que nommer la chose ne la rende réelle.

Cet article est pour eux. Et peut-être pour vous.

Les signes que votre couple fonctionne comme une colocation

La dérive vers la « mode colocation » se fait presque toujours à bas bruit. Pas de fracture, pas de signal d’alarme. Juste une accumulation d’habitudes qui, prises séparément, semblent anodines.

Ce que Clara et Julien ont reconnu dans leur histoire

« On se disait ‘bonne nuit’ sans se regarder. On planifiait les vacances comme on gère un projet. Et un soir, Julien m’a demandé ce que je voulais comme film — et j’ai réalisé que je ne savais plus ce qu’il aimait, lui. »

Voici les signaux les plus courants, ceux que je retrouve régulièrement en consultation :

        Vos conversations portent essentiellement sur l’organisation (les enfants, les courses, le budget) mais plus sur vous.

        Vous êtes dans la même pièce mais chacun dans son écran, ses pensées, son monde.

        Le toucher a disparu : plus de caresses distraites, de main attrapée en passant.

        Vous ne vous racontez plus votre journée. Ou si vous le faites, l’autre écoute en regardant ailleurs.

        La sexualité est devenue rare, mécanique, ou a tout simplement disparu.

Aucun de ces signes, pris isolément, n'est rédhibitoire. C'est leur accumulation, dans la durée, qui crée cette sensation étrange d'être ensemble et pourtant seul(e).

Pourquoi cela arrive même dans les couples qui s’aiment

La première chose que je dis aux couples qui arrivent en thérapie avec ce sentiment : ce n’est pas une preuve que vous ne vous aimez plus. C’est une preuve que votre relation a évolué sans que vous l’accompagniez consciemment.

La dérive douce

John Gottman, l’un des chercheurs les plus cités sur la longue durée des couples, a montré quelque chose de contre-intuitif : ce ne sont pas les grandes crises qui détruisent les relations. Ce sont les micro-déconnexions quotidiennes. Ces petits moments où l’un tend quelque chose à l’autre — une blague, un regard, une tentative de contact — et où l’autre ne répond pas, occupé, fatigué, absent.

Au fil des mois, ces micro-déconnexions s’accumulent. Chacun apprend, sans s’en rendre compte, à ne plus tendre la main. Et le silence s’installe, non pas par indifférence, mais par habitude décourageante.

La vie qui mange l’espace amoureux

« Marc et Isabelle ne manquaient pas d’amour. Ils manquaient de temps. Ou plutôt, ils n’avaient jamais décidé où allait leur énergie. Elle à l’enfant, lui au travail, eux… nulle part. »

Les enfants, la carrière, les parents vieillissants, les emprunts : la vie adulte est une éponge à énergie. Et le couple, qui ne réclame pas bruyamment, est souvent le premier poste sacrifié. Jusqu’au jour où il réclame — et où c’est plus difficile.

Le piège de la stabilité

« On ne se dispute pas » est souvent perçu comme un signe de bonne santé relationnelle. Pas toujours. Parfois, l’absence de conflit masque surtout l’absence d’investissement. On ne se dispute plus parce qu’on n’a plus vraiment d’enjeux communs. On coexiste, confortablement, dans deux bulles séparées.

Peut-on retrouver la complicité perdue ?

Oui. Clairement. Mais pas en attendant que ça revienne tout seul.

La complicité n’est pas un état stable qu’on atteint une fois pour toutes. C’est quelque chose qui se cultive, qui demande de l’attention et — bonne nouvelle — pas forcément des grands gestes.

Recommencer petit

Gottman parle de « bids », ces petites tentatives de connexion que l’on lance tout au long de la journée. Recommencer à y répondre — un sourire, une question, un « raconte-moi » — est souvent le point de départ le plus efficace. Pas besoin de week-end romantique. Juste l’attention.

Créer des rituels de reconnexion

Julie et Paul, un couple que j’ai accompagné, ont trouvé leur chemin avec une chose bête : un café ensemble le matin, téléphones retournés. Quinze minutes. Pas de logistique. Juste eux. En six semaines, ils m’ont dit sentir une vraie différence.

Le rituel n’a pas besoin d’être romantique. Il a besoin d’être régulier et protégé — c’est-à-dire qu’on ne l’annule pas pour les urgences du quotidien.

Se raconter à nouveau

Une question simple peut débloquer beaucoup : « Qu’est-ce qui te préoccupe en ce moment ?» Pas les courses. Pas les enfants. Vous. Ce que vous ressentez, ce qui vous anime, ce qui vous tracasse. Retrouver la curiosité de l’autre est l’un des moteurs les plus puissants de la reconnexion.

Le corps avant les mots

La touche, le regard, la proximité physique : avant même de « parler de tout ça», retrouver le contact physique simple (non sexuel) envoie un signal puissant au système nerveux. Une main dans le dos. Marcher côte à côte. S’asseoir près l’un de l’autre.

Quand consulter un thérapeute de couple ?

Parfois, les outils ci-dessus suffisent à débloquer quelque chose. Parfois non — et c’est normal aussi. Il peut y avoir des raisons plus profondes à cette distance : des rancœurs non exprimées, des dynamiques installées depuis longtemps, une peur de la vulnérabilité, ou simplement l’habitude d’être deux seuls face à ce problème.

La thérapie de couple n’est pas réservée aux couples en crise. Elle est particulièrement efficace précisément dans les situations comme la vôtre : quand l’amour est encore là, mais que la connexion s’est érodée. Quand vous voulez retrouver ce que vous aviez — ou construire quelque chose de plus solide encore.

« Quand Clara et Julien sont venus me voir, ils étaient persuadés qu’il était trop tard. Trois séances plus tard, Clara m’a envoyé un message : ‘Il m’a fait rire hier soir pour la première fois depuis longtemps. Je ne me souvenais plus que c’était possible.’ »

Si vous vous reconnaissez dans cet article, c’est peut-être le signe qu’un espace pour en parler — à deux, avec quelqu’un de bienveillant et formé — vous ferait du bien.

Je reçois en cabinet à Paris 15 et à distance. La première séance est souvent déjà un soulagement.

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Questions fréquentes

Est-ce normal de vivre comme des colocataires dans un couple ?

Oui, c’est même très fréquent — et souvent tabou. Selon les études sur la longue durée des couples, la plupart des relations traversent des périodes de déconnexion émotionnelle, particulièrement autour des grandes transitions de vie (arrivée des enfants, changements professionnels, vieillissement des parents). Ce n’est pas une condamnation : c’est une phase, et elle peut être dépassée.

Peut-on retrouver l’amour après plusieurs années de routine ?

Oui — à condition de ne pas attendre que cela revienne seul. L’amour romantique évolue naturellement vers quelque chose de moins intense mais potentiellement plus profond. Ce que l’on retrouve après une période de dérive n’est pas identique à ce qu’on avait au début — c’est souvent plus riche, parce qu’il est choisi consciemment.

Comment sortir de la routine du couple ?

Pas nécessairement avec des grands gestes. La recherche montre que ce sont les petits moments quotidiens de connexion — appelés « bids » par Gottman — qui font la différence sur la durée. Instaurer un rituel simple (un repas sans téléphone, une promenade hebdomadaire, des questions d’une autre profondeur que la logistique) peut suffire à rouvrir quelque chose. Si ce n’est pas suffisant, la thérapie de couple offre un espace structuré pour aller plus loin.

Comment raviver la flamme dans un couple ?

La « flamme » est souvent une métaphore trompeuse : on s’imagine qu’elle doit brusquement se rallumer. En réalité, on la reconstruit progressivement, par couches : d’abord la sécurité émotionnelle, puis la curiosité mutuelle, puis le désir physique. Dans la plupart des cas où je vois des couples renouer avec leur complicité, c’est parce qu’ils ont recommencé à se voir — vraiment — dans leur quotidien.

Pascal Melget — Thérapeute de couple, Paris 15 | melget-therapie-paris.fr

Cet article a été rédigé par Pascal Melget, thérapeute à Paris 15, spécialisé dans l'accompagnement des adultes et des couples.

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